Ex:Re — Save As: Learning to Let Go Without Forgetting EN/FR

Band: Ex:Re
Album Title: Save As
Label: 4AD Ltd
Release Date: October 30, 2026

EN
Ex:Re is the indie rock/art-pop project of Elena Tonra, singer of Daughter, one of the most important indie bands of the 2010s. With this second album, Ex:Re graces us with an unexpected surprise: Save As.

Tonra‘s first project was supposed to be as ephemeral as its first album. This second release reunites the great duo of Elena Tonra and Fabian Prynn on drums. What a pair!

Former collaborators such as Josephine Stephenson on cello, Hinako Omori on synthesisers, Ben Reed on bass, and Jethro Fox on electric guitar are back too, much to our delight.

Whereas the first album was sonically reminiscent of Daughter‘s work, the second one sounds more like its own entity, a true Ex:Re project.

Even though the themes are familiar territory for Elena Tonra and often suggest -just like the band’s name- a past lover and relationship, there’s no overarching arc. No particular concept.

FR
Ex est le projet indie rock / art-pop d’Elena Tonra, chanteuse de Daughter, l’un des groupes indie incontournables des années 2010. Avec ce deuxième album, Ex nous réserve une surprise à laquelle on ne s’attendait pas : Save As. À l’origine, le projet de Tonra devait être aussi éphémère que son premier album. Ce deuxième opus signe pourtant les retrouvailles du formidable duo formé par Elena Tonra et Fabian Prynn à la batterie. Et quel duo !

D’anciens collaborateurs répondent également présents, pour notre plus grand plaisir : Josephine Stephenson au violoncelle, Hinako Omori aux synthétiseurs, Ben Reed à la basse et Jethro Fox à la guitare électrique. Là où le premier album rappelait encore beaucoup, dans ses sonorités, le travail de Daughter, ce deuxième disque semble davantage voler de ses propres ailes. C’est désormais un véritable projet Ex, avec une identité qui lui appartient pleinement.

Les thèmes abordés restent toutefois en terrain familier pour Elena Tonra et évoquent souvent,  comme le suggère d’ailleurs le nom du projet, un ancien amour et une relation passée. Mais cette fois, aucun grand fil rouge ne traverse l’album. Pas de concept particulier, simplement une succession de fragments, d’émotions et d’instants.

EN
Solitude is a recurring theme in Tonra‘s discography, and Radio Station is no exception, making it a fitting way to start the album. It is also one of the most rhythmic songs in contrast to other songs later in the album, and what a joy it is to hear Fabian’s jazzy influences back on the drums.

Elena‘s poetry is simple yet strikingly profound here. A flow of actions, a flood of images, conveying a state of perpetual monotony that comes with loneliness.

There’s a certain warmth that comes from rediscovering Tonra‘s evocative prose, with the acoustic guitar’s unique strumming pattern, while the melody of the words “Suddenly another” feels intoxicating.

While “Sleep” is a brilliant blend of “I Can’t Keep You” and “New York”, other songs like “Last Sign” cement the album’s status as a true heir to the family.

“Sleep”’s striking snare reminds us of “I Can’t Keep You”, while the lingering strings at the end are reminiscent of “New York”. And “Last Sign” could have been an extra song from the Before the Storm Soundtrack.

I think “Sleep” is about that almost instantaneous moment when you realise you’re getting over a heartache. But that disorienting relief can be as scary as the ghosts haunting your sleep.

The harmonic foundation laid by the synth chords during the verses, the 1-2-3-4, and the confessional nature of the lyrics make it a compelling and intimate song. Even though we’re in the process of moving on, the song reminds us that it is indeed a process. It is not easy; it weighs on us.

There’s a sense of lethargy conveyed through Elena‘s cadence in the verses. And by the end, It’s all getting lost in the monotony of the words, the actions, the vision, the sounds. Only the haunting whisperings of Elena Tonra and Stephenson‘s strings remain.

If you’ve heard the first album, you will be surprised by the mention of New York again in “Am I Even Real?”. A really interesting one. Fast-paced, thanks to Fabian’s drumming, among other things, there’s a sense of anxiety and the idea of loss of identity.

FR
La solitude est un thème récurrent dans la discographie de Tonra, et Radio Station ne déroge pas à la règle, ce qui en fait une entrée en matière particulièrement cohérente. C’est également l’un des morceaux les plus rythmés du disque, surtout lorsqu’on le compare à ceux qui arriveront plus tard. Et quel plaisir de retrouver les influences jazz de Fabian Prynn derrière les fûts.
La poésie d’Elena est ici simple en apparence, mais d’une profondeur saisissante. Une succession de gestes, un déluge d’images qui traduisent cette monotonie perpétuelle propre à la solitude. Il y a quelque chose de presque réconfortant à retrouver la prose évocatrice de Tonra, portée par le motif si particulier de la guitare acoustique. Quant à la mélodie accompagnant les mots « Suddenly another », elle a quelque chose d’enivrant.

Sleep, de son côté, semble être le brillant croisement entre I Can’t Keep You et New York, tandis que d’autres titres comme Last Sign confirment que l’album s’inscrit pleinement dans la continuité de ce qui l’a précédé. La caisse claire percutante de Sleep rappelle I Can’t Keep You, tandis que les cordes qui s’attardent à la fin du morceau évoquent New York. Quant à Last Sign, il aurait presque pu être un titre supplémentaire de la bande originale de Before the Storm. Sleep semble parler de cet instant presque immédiat où l’on réalise que l’on commence enfin à se remettre d’un chagrin d’amour. Mais ce soulagement déstabilisant peut être tout aussi effrayant que les fantômes qui viennent hanter notre sommeil.

La base harmonique dessinée par les accords de synthétiseur pendant les couplets, ce « 1-2-3-4 », ainsi que le caractère profondément confessionnel des paroles en font un morceau aussi captivant qu’intime. Même lorsque l’on commence à aller de l’avant, la chanson nous rappelle justement qu’il s’agit d’un processus. Rien n’est simple. Ça pèse, ça s’accroche. La façon dont Elena pose sa voix dans les couplets transmet d’ailleurs une véritable sensation de léthargie. Puis, à mesure que le morceau touche à sa fin, tout semble se dissoudre dans la monotonie des mots, des gestes, des images et des sons. Il ne reste finalement plus que les murmures fantomatiques d’Elena Tonra et les cordes de Stephenson.

Si vous avez écouté le premier album, entendre New York être à nouveau évoquée dans Am I Even Real? ne manquera pas de vous interpeller. C’est un morceau particulièrement intéressant. Rapide, notamment grâce au jeu de batterie de Fabian Prynn, il dégage une véritable anxiété, avec en toile de fond cette impression de perdre peu à peu son identité.

EN
This contrasts with the fact that it feels very familiar, like a natural continuation from what has been done in the first album.

The guitar at the end gives a sensation of uneasiness, while the heavy bass and the cello effect are undeniably a genius way to have an emotion stay with you. And we have to mention the disorienting guitar strings being pulled into a bend-like sound.

You will also like “Two Chords” for its evident resemblance to “The Dazzler”: very jazzy drums, dramatic, vivid lyrics, the piano and the cello.

In the same weird vibe as “Am I Even Real?”, “Save As” has a hypnotic, almost swamp-like atmosphere, built around its strange synths and the humming in the background. Its bizarre chorus and the sudden change of tempo during the post-chorus reinforces this uncanny feeling.

And at times the song even feels very Radiohead-y. The striking snare, with its slightly lower tone, adds another distinctive touch to the arrangement, while the dissonant strings that come in as Elena sings “Held Me” heighten the emotional tension.

And if you’re missing Daughter, “Wasp” will satisfy you.

Just like in “Mothers” from “Not To Disappear”, Tonra uses a sting as a metaphor for love. The main riff of “Wasp” sounds a lot like Brotherkenzie’s music.

Quite dynamic, it captures the depth of emotion at a very peculiar moment, and there’s a real understanding of what makes indie music great. A little highlight for the cello at the end, reminiscent of the buzzing of a wasp.

FR
Et pourtant, paradoxalement, tout paraît très familier. Comme si le morceau prolongeait naturellement ce qu’Ex avait amorcé sur le premier album.

La guitare finale laisse derrière elle une sensation de malaise, tandis que la basse massive et l’utilisation du violoncelle sont une manière brillante de faire perdurer l’émotion bien après les dernières notes. Impossible également de passer à côté de ces cordes de guitare étirées jusqu’à produire un son proche d’un bend, volontairement désorientant. Two Chords séduira également par sa parenté évidente avec The Dazzler : une batterie très jazzy, des paroles dramatiques et imagées, du piano, du violoncelle… tout y est.

Dans la même étrangeté que Am I Even Real?, Save As installe une atmosphère hypnotique, presque marécageuse, construite autour de synthétiseurs étranges et de fredonnements en arrière-plan. Son refrain déroutant et le brusque changement de tempo qui survient dans le post-refrain renforcent encore cette impression inquiétante, presque irréelle.

Par moments, le morceau prend même des airs de Radiohead. La caisse claire très marquée, légèrement plus grave, apporte une couleur supplémentaire à l’arrangement, tandis que les cordes dissonantes qui surgissent lorsqu’Elena chante « Held Me » font monter la tension émotionnelle d’un cran. Et si Daughter vous manque, Wasp devrait largement combler ce vide.

Comme dans Mothers, extrait de Not To Disappear, Tonra utilise ici la piqûre comme métaphore de l’amour. Le riff principal de Wasp rappelle beaucoup l’univers musical de Brotherkenzie. Assez dynamique, le morceau parvient à saisir toute la profondeur d’une émotion à un instant très particulier, tout en démontrant une véritable compréhension de ce qui fait la force de la musique indie. Mention spéciale au violoncelle dans les dernières secondes, dont le son évoque presque le bourdonnement d’une guêpe.

EN
Unsurprisingly, it is a very moody album that demands your attention to fully grasp its depths.

There’s a clear distinction between the start of the album, which moves at a faster pace, and the end, which is slower. But one thing remains: the introspective and moody aspect of it all.

It’s a collection of melancholic chronicles. Fragments of consciousness are immortalized here.

Elena is resourceful and clever on this album. Using things like strings, dynamic drum structures, different vocal cadences, lyrics, etc., to paint this album.

She’s spitting lyrics as an exercise to exorcise the pain, the sadness and the melancholia.

FR
Sans grande surprise, Save As est un album profondément mélancolique, qui exige une véritable attention pour en saisir toutes les nuances.

Une rupture assez nette se dessine entre le début du disque, plus rythmé, et sa seconde moitié, qui ralentit progressivement. Mais une chose ne change jamais : cette dimension introspective, sombre et contemplative qui imprègne l’ensemble. Save As ressemble à une collection de chroniques mélancoliques. Des fragments de conscience que l’on aurait figés dans le temps.

Elena Tonra se montre particulièrement inventive et habile tout au long de l’album. Cordes, structures de batterie mouvantes, variations dans le phrasé vocal, écriture… chaque élément devient une couleur supplémentaire avec laquelle elle peint le disque. Elle débite parfois ses paroles comme on chercherait à expulser quelque chose de soi. Comme un exercice d’exorcisme, une manière de faire sortir la douleur, la tristesse et la mélancolie pour, peut-être, enfin réussir à les laisser derrière soi.

Written by PetitPoneySounds

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