Sigur Rós at Salle Pleyel: A Timeless Orchestral Communion EN/FR

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There are nights when music doesn’t just get heard, it wraps around you, lifts you up, and changes you. September 26, 2025 at Salle Pleyel was one of those rare nights. Thanks to invitations from Radical Production, seated in the fifth row, we felt incredibly lucky, almost as if we were inside the music itself. I’ve been listening to Sigur Rós for over ten years, but experiencing them this way, carried by a full symphony orchestra, was deeply moving, almost sacred.

The crowd reflected the band perfectly: eclectic, spanning every age and gender, all brought together by the same hushed anticipation. The orchestra took the stage to soft, restrained applause, the room settling into an almost reverent calm. Then the conductor appeared, prompting another wave of applause. The setup was solemn and thoughtfully arranged, breathing as one: strings up front; slightly behind them, the lead vocals, guitar, piano, and bass; then the brass; and finally the choir, like a human vault ready to rise.

FR
Il y a des soirs où la musique ne se contente pas d’être entendue : elle enveloppe, elle élève, elle transforme. Le 26 septembre 2025 à la Salle Pleyel, Sigur Rós nous a offert l’un de ces moments rares. Grâce aux invitations de Radical Production, installés au 5e rang, nous nous sommes sentis infiniment privilégiés, presque à l’intérieur même de la musique. J’écoute Sigur Rós depuis plus de dix ans, mais les découvrir ainsi, portés par un orchestre symphonique, a été une expérience profondément merveilleuse, presque sacrée.

Le public est à l’image du groupe : éclectique, tous âges confondus, tous genres mêlés, uni par la même attente silencieuse. L’orchestre entre en scène sous des applaudissements feutrés, dans un calme olympien. Puis le chef d’orchestre apparaît : nouvelle vague d’applaudissements. La disposition est solennelle et pensée comme une respiration : les cordes au premier plan, plus en arrière le chant principal, guitare, piano et basses, puis les cuivres, et enfin le chœur, comme une voûte humaine prête à s’élever.

EN
Blóðberg rises in deep red light, the stage drenched in smoke, and from the very first seconds you can feel that sense of absolute grace,k present in every gesture of the musicians and every sustained note. Ekki múkk extends this suspended state: the bow glides across the guitar, the lights shift to green, and the intensity builds in rolling waves, while the piano, pushed far forward in the mix, steers the emotion with striking clarity. Fljótavík soothes and tightens the space, carried by a piano–voice duo bathed in blue light, intimate and almost fragile.

With 8, the body is fully engaged: the percussion hits you right in the gut as the voices rise and the strings construct slow, irresistible swells. Von (long version) quite literally stops time, one of those out-of-body moments that makes you want to thank the heavens just for being alive, simply there, listening. Andvari takes me even further; I keep my eyes closed for nearly the entire piece, letting the emotions sink in without resistance. From the very first seconds of Starálfur, the crowd breaks into spontaneous applause, and the conductor, in his little marionette-like dance, grows more animated, almost bouncing, swept up in the shared joy. Dauðalogn follows with a quiet density, a darker, heavier breath. Varðeldur closes this first movement with an ending carried entirely by strings and piano, a moment of pure magic, radiant and soothing.

FR
Blóðberg s’élève dans des lumières rouges, la scène noyée de fumée, et dès les premières secondes on ressent cette grâce absolue, dans chaque geste des musiciens comme dans chaque note tenue. Ekki múkk prolonge cet état de suspension : l’archet glisse sur la guitare, les lumières virent au vert, l’intensité monte par vagues successives tandis que le piano, très en avant, guide l’émotion avec une clarté saisissante. Fljótavík apaise et resserre l’espace, porté par un duo piano-voix baigné de lumière bleue, intime, presque fragile. Avec 8, le corps est pleinement sollicité : les percussions frappent l’estomac pendant que les voix s’élèvent et que les cordes construisent de lentes montées irrésistibles. Von (long version) suspend littéralement le temps, un de ces moments hors du monde qui donnent envie de remercier le ciel d’être en vie, simplement là, à écouter. Andvari m’emporte encore plus loin ; je ferme les yeux presque tout le morceau pour laisser les émotions s’imprégner sans résistance. Dès les premières secondes de Starálfur, le public applaudit spontanément, et le chef d’orchestre, dans sa petite danse de pantin, se fait plus vif, presque sautillant, comme emporté par la joie collective. Dauðalogn s’installe ensuite avec une densité silencieuse, une respiration plus sombre. Varðeldur conclut ce premier mouvement par une fin entièrement portée par les cordes et le piano, un moment de pure magie, lumineux et apaisant.

EN
After the intermission, Untitled #1 – Vaka pulls the room back into a warm, muted red glow; emotions spill over, I lose all control, and salty tears roll down my cheeks. Untitled #3 – Samskeyti, entirely instrumental, sparks thunderous applause, like a collective acknowledgment of what has just been shared. Ylur continues this no-holds-barred inward dive. Skel is emotional overload, a lump in the throat from the sheer intensity of it all. All Alright leaves me completely speechless, stripping away any sense of time and space until everything dissolves into sound. With Untitled #5 – Álafoss, I no longer know where I am or even who I am; I stop thinking altogether and simply exist, alive through feeling alone. Sé lest, from Takk, was one of the moments I was most looking forward to, and I couldn’t stop smiling, carried by its familiar warmth. Hoppípolla, also highly anticipated, is met as a given, uplifting, unifying, almost childlike in its beauty. Avalon finally closes the circle, deep and intense, one last wave that hits you right in the gut and leaves you completely exposed.

FR
Après l’entracte, Untitled #1 – Vaka ramène la salle dans une ambiance rouge et feutrée ; les émotions débordent, je ne les maîtrise plus, l’eau salée perle sur mes joues. Untitled #3 – Samskeyti, entièrement instrumental, déclenche de puissants applaudissements, comme une reconnaissance collective de ce qui vient d’être partagé. Ylur poursuit cette plongée intérieure sans concession. Skel est un trop-plein, un nœud dans la gorge tant l’intensité émotionnelle est forte. All Alright me fait perdre les mots, la notion même du temps et de l’espace, tout se dissout dans le son. Avec Untitled #5 – Álafoss, je ne sais plus où j’habite ni même qui je suis ; je ne pense plus, je suis simplement là, existant parce que je ressens. Sé lest, issu de Takk!, était l’un de ceux que j’attendais le plus, et je n’ai cessé de sourire, porté par cette douceur familière. Hoppípolla, lui aussi très attendu, est accueilli comme une évidence : c’était incroyable, fédérateur, presque enfantin dans sa beauté. Avalon vient refermer la parenthèse, deep et intense, une dernière vague qui te prend aux tripes et te laisse sans défense.

EN
Walking out of Salle Pleyel, something had shifted. This concert wasn’t just a performance, it was a journey, a space outside the world where time dissolved into strings, voices, and silence. Seeing Sigur Rós backed by a symphony orchestra, after so many years of listening, etched a lasting emotion, almost impossible to erase. Some nights remind you why you love music. This one reminded me why life itself is worth living.

FR
En sortant de la Salle Pleyel, quelque chose avait changé. Ce concert n’était pas seulement une performance : c’était une traversée, un espace hors du monde où le temps s’est dissous dans les cordes, les voix et les silences. Voir Sigur Rós accompagné d’un orchestre symphonique, après tant d’années d’écoute, a gravé une émotion durable, presque indélébile. Certains soirs te rappellent pourquoi tu aimes la musique. Celui-ci m’a rappelé pourquoi la vie vaut la peine d’être vécue.

Photos by Mélanie Post Prod by OMGxTeddy

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