Mayhem – Marduk – Immolation // Larger Than Life: Death Over Europe Tour 2026 EN/FR
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When legends manifest themselves into a live event, they often attract fans and tourists alike.
Tourists: those who show up just so they can later on say they were there. Lots of Hellfest goers, even more Metallica show goers. You know who I’m talking about. On this Wednesday evening, no tourists were present at the foot of the Sacré Cœur church. The queue starting at the still closed doors of the famous Elysée Montmartre is winding up the street and continuing around the corner. All I see are black hoodies and faces wet from the rain; people have obviously been waiting here for a while! Tourists are not the type who likes to be tested by suffering in the cold or make sacrifices. Black Metal fans are. Today’s concert night is not entirely sold out, but what matters more is having a crowd of people genuinely excited to witness this rare event: Mayhem with Marduk and Immolation.
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Quand les légendes prennent chair sur scène, elles attirent souvent les fans… et les touristes.
Les touristes : ceux qui viennent juste pour pouvoir dire plus tard « j’y étais ». On en voit des wagons à Hellfest, encore plus aux concerts de Metallica. Vous voyez très bien de qui je parle. Ce mercredi soir-là, aucun touriste au pied du Sacré-Cœur. La file d’attente, partie des portes encore closes du mythique Élysée Montmartre, serpente dans la rue et tourne au coin. À perte de vue : des sweats à capuche noirs et des visages trempés par la pluie ; ça se voit que certains poireautent ici depuis un bon moment ! Les touristes ne sont pas du genre à braver le froid ni à faire des sacrifices. Les fans de black metal, si. La soirée n’affiche pas tout à fait complet, mais l’essentiel est ailleurs : une foule réellement impatiente d’assister à cet événement rare: Mayhem, avec Marduk et Immolation.

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Immolation – Into the Night
The US Death Metal giants break open the floor with stomping rhythms. Even though Ross Dolan is the vocalist, the real eyecatcher and a true joy to watch is guitarist Robert Vigna. He moves quickly with mischief in his eyes and holds his guitar up in the air to mark the songs’ climaxes and encourage the crowd. The sound of his and Alex Bouks’s instruments is remarkably warm in those depths, and with surprising groove and metric modulations, they heat up the venue in to time!
You can tell that the band is happy to be here! When he can take his hands off his bass, Dolan greets the crowd with the international sign of the devil horns and receives the welcoming answer from the French crowd with a smile. Many nodding heads and faces full of acknowledgement and appreciation are proof that people are not here to wait until the “real” show starts. They’re here to savour all the courses, Immolation included!
And, as raw and oldschool as the Death Metal of these New York scene founders is, it comes with interesting flavours: the guitars are able to turn ice cold, sounding so brassy as if raging in a metallic cave several levels beneath us. Polyphonic melody lines and solos are highlights not just because they’re rare, but because they rise up from and in contrast to the purposefully mashy riffs.
Immolation don’t need to put on a “show” in their show, they prefer keeping things focussed on the music, placing their songs with precision and ease: they’re strumming, smashing and growling, then short pause, hands in the air and, BOOM, back at the strings. You don’t need to play an instrument to be impressed by this! Despite their new album “Descent” to be released in April, they mainly play pieces from their last album “Acts of God” and a mix as good as you can make it when pressing a 38-year career into 40 minutes. Very well, in my opinion!
Before ending their set, Dolan thanks the other two bands; Marduk for this being their 6th tour together and Mayhem for taking them along a second time since 2017. The last song “The Age of No Light” is a fitting dedication to them, because it has everything: rollercoaster guitar chases and impending doom, a dizzying solo and the kind of brutality that breaks your neck with sophistication, but without mercy.
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Immolation – Into the Night
Les géants du death metal américain ouvrent le bal en fracassant la fosse à coups de rythmes martelés. Même si Ross Dolan est le chanteur, le véritable aimant à regards, et un pur bonheur à observer, reste le guitariste Robert Vigna. Il virevolte, le regard malicieux, brandit sa guitare au-dessus de sa tête pour souligner les climax des morceaux et haranguer la foule. Le son de sa guitare et de celle d’Alex Bouks est d’une chaleur étonnante dans les graves ; avec un groove inattendu et des modulations rythmiques surprenantes, ils font monter la température de la salle en un rien de temps.
On sent que le groupe est heureux d’être là ! Dès qu’il peut lâcher sa basse, Dolan salue le public avec les fameuses cornes du diable, et la foule française lui rend la pareille avec le sourire. Les têtes qui hochent à l’unisson et les visages pleins d’approbation prouvent que personne n’est venu « attendre le vrai groupe ». Le public est là pour savourer chaque plat du menu, Immolation compris !
Et si le death metal de ces pionniers de la scène new-yorkaise est brut et old school, il ne manque pas de nuances : les guitares peuvent devenir glaciales, résonner comme du laiton en furie dans une caverne métallique plusieurs étages sous nos pieds. Les lignes mélodiques polyphoniques et les solos marquent d’autant plus les esprits qu’ils surgissent en contraste avec des riffs volontairement compacts et écrasants.
Immolation n’a pas besoin d’en faire des tonnes ni de rajouter du spectacle au spectacle. Tout est centré sur la musique : les morceaux s’enchaînent avec précision et aisance. Ça gratte, ça cogne, ça growle… courte pause, bras levés… et BOUM, retour aux cordes. Pas besoin d’être musicien pour être bluffé ! Malgré la sortie annoncée en avril de leur nouvel album Descent, le groupe pioche surtout dans Acts of God, leur précédent opus, et propose un best-of aussi solide qu’on peut l’espérer quand on condense 38 ans de carrière en 40 minutes. Pari réussi, à mon avis !
Avant de quitter la scène, Dolan remercie les deux autres groupes : Marduk, pour cette sixième tournée commune, et Mayhem, qui les a embarqués une seconde fois depuis 2017. Le morceau final, « The Age of No Light », leur est dédié à merveille : poursuites de guitares en montagnes russes, menace permanente, solo vertigineux et cette brutalité raffinée qui vous brise la nuque sans la moindre pitié.
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Marduk – Through the Gates of Hell
Marduk switch things up quite a bit, moving the focus from the rhythmically diverse to the mystical, where power clearly lies in the raw and the dark. Covered in corpse paint and bloodred light, the band takes to the stage with a professional routine that only proves they have nothing to prove at all. In the case of these legends, this only informs their performance, because the musicians are dedicated to the moment and not lost to the desire to please, as it can happen to both young bands and the elders. I admit I was a bit worried about that beforehand, but – spoiler also for Mayhem later on! – none of tonight’s bands’ career history overtowers their show. They’re all, still, larger than life, and you won’t be disappointed if you go see them!
Mortuus is too good a vocalist to scream his lungs out in the bad way, and so he dominates the stage with attacking screeches and physical presence, which the first row regularly gets to feel through drips of water (not blood, but certainly sweat at some point) from his headbanging head. His “style” of headbanging seems to be less of an outlet of energy and more of a way for him to get into a certain state of mind, as he often remains bent down, hiding his face between mic and hair. When he stares into the crowd with open arms, he commands the masses but also nods to them like to team mates after a good game, now and then cheering them on with “Paris!” shouts. Guitarist Morgan HÂkansson enjoys his night with grimaces and twisted smiles. He briefly watches the audience, then suddenly yanks up his instrument, playing with pride in his face and challenging the crowd baring his teeth.
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Marduk – À travers les portes de l’Enfer
Avec Marduk, on change nettement d’atmosphère : on quitte la diversité rythmique pour plonger dans le mystique, là où la force réside dans le brut et l’obscur. Recouvert de corpse paint et baigné d’une lumière rouge sang, le groupe investit la scène avec un professionnalisme presque clinique, celui de musiciens qui n’ont plus rien à prouver. Chez ces légendes, cette assurance ne rend pas la prestation mécanique ; au contraire, elle l’affine. Ils sont ancrés dans l’instant, sans chercher à en faire trop pour séduire, ce travers qui guette autant les jeunes groupes en quête de reconnaissance que les vétérans qui veulent rester dans la course. J’avoue que j’avais un léger doute avant le concert, mais, spoiler pour Mayhem aussi, aucun des groupes ce soir ne s’est reposé sur son passé. Leur carrière ne fait pas d’ombre au show. Ils sont toujours plus grands que nature, et vous ne serez pas déçus si vous allez les voir.
Mortuus est bien trop bon chanteur pour s’époumoner n’importe comment. Il domine la scène avec des hurlements tranchants et une présence physique saisissante. Le premier rang en fait régulièrement l’expérience : des gouttes projetées par ses headbangings furieux, de l’eau, pas du sang… quoique, sûrement de la sueur à un moment donné. Son headbanging semble moins être un simple défouloir qu’un rituel pour entrer en transe : souvent penché en avant, visage caché entre le micro et sa chevelure, il paraît se couper du monde. Puis soudain, bras ouverts, regard planté dans la foule, il harangue les masses, tout en leur adressant parfois un signe complice, comme à des coéquipiers après un bon match, ponctuant le tout de vigoureux « Paris ! » pour chauffer la salle. Le guitariste Morgan Håkansson, lui, savoure visiblement la soirée. Grimaces, sourires tordus, il observe brièvement le public avant de brandir sa guitare d’un geste brusque. Fierté dans le regard, dents serrées, il défie la foule comme pour la provoquer à suivre le rythme.

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The sound is fat with hammering and rolling riffs, often changed for that mean and much beloved swarm of hornets tremolo whirr Black Metal simply cannot do without. Bloodhammer’s drums are deliciously sharp but also rumble like thunder. There is something majestic about this walk through the gates of hell, even more so when it becomes a dance with the three-four time of “Shovel Beats Sceptre”. Their set offers no new songs, but therefore quite the spectrum, from the ruthless head-to-the-wall “Panzer Division Marduk” to the complex “On Darkened Wings”.
Apart from great musicians, we can also see some buddies on stage, as they point acknowledgingly at the hired gun Simon Wizén on bass for their live shows. He plucks a catchy lick and holds up his instrument as if to sacrifice it to the audience. Over and over again after a song ends, the band gathers around the drums; to tune in, to focus, to charge – and to let loose. And the crowd loves it! I see a few people lost in the whirl of the music and/or what looks like their third pint. The first crowdsurfer is floating on hands and beer cups are sent flying with devilment. Not bad at all for fans of a genre that’s reputed to address mostly introverts! With the deed done, the band leaves an audience in bloodlust, ready for more.
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Le son est massif, porté par des riffs martelés et roulants, régulièrement remplacés par ce bourdonnement en essaim de frelons, le trémolo glacé dont le black metal ne peut tout simplement pas se passer. La batterie de Bloodhammer claque avec une précision délicieuse tout en grondant comme l’orage. Il y a quelque chose de majestueux dans cette traversée des portes de l’enfer, plus encore quand elle se transforme en danse en trois temps sur « Shovel Beats Sceptre ». Le set ne propose aucun nouveau morceau, mais il balaie un large spectre : de l’impitoyable « Panzer Division Marduk », frontal, tête la première contre le mur, au plus complexe « On Darkened Wings ». Au-delà des musiciens redoutables, on distingue aussi une bande de potes sur scène, qui adressent des signes complices au bassiste Simon Wizén, mercenaire de luxe pour leurs concerts. Il lance un lick accrocheur et brandit sa basse comme pour l’offrir en sacrifice au public. Après chaque morceau, le groupe se regroupe autour de la batterie, pour s’accorder, se concentrer, se charger… puis repartir à l’assaut. Et la foule en redemande ! Je vois quelques silhouettes emportées dans le tourbillon de la musique, et/ou de ce qui ressemble à leur troisième pinte. Le premier crowdsurfer flotte au-dessus des mains, des gobelets de bière volent dans tous les sens avec une joie diabolique. Pas mal du tout pour un public d’un genre réputé parler surtout aux introvertis ! Mission accomplie : le groupe laisse derrière lui une salle en état de soif de sang, prête pour la suite.
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Mayhem – The 9th Circle of Subconsciousness
Tonight‘s tour package matches incredibly well, not only in terms of genres and name-size, but also dramaturgically: With every band, we‘ve walked deeper and deeper into the darkness, peeling layers off our minds until there was barely anything left (be it due to the music or pint nr. 5, that’s very individual). Now, we’ve arrived where Mayhem rules.
They appear with the mighty “Realm of Endless Misery” off their new 8-tracks necronomicon “Liturgy of Death”. The band has made zero fuss with regard to costumes, they left that to the vocalist. His attire is quite the mismatch to their black jeans and t-shirts, but what a sight: a Satanist pope, dressed in silk, but fresh from the grave with occult symbols in his palms and rotting teeth in his mouth. Bear with me through a quick comparison: With a band like Ghost around (who has its merits) but Mayhem right in front of me, this performance really feels like going back to the roots of, not just metal, but weirdly, authenticity. Costume and “mask” do not hide anything in order to create a character (which also has its merits), they rather seem to allow for what’s beneath to come to the surface: through all the face paint, you can see Attila Csihar mean every word. Every contortion of his face, every serpentine tongue twitch, every oh so tiny hand gesture make his persona come alive. His thoughts, however otherworldly, seem to glimpse through eyes narrowed to mere slits. In similar slits lies, perhaps, the difference between entertainment and art. It’s a show, but this performance feels very distilled, it’s profound, almost personal from the first rows, and therefore true. Or trve, if you prefer. I personally roll my eyes at this term and I certainly have to explore this large topic further, but in any case, what I get to witness tonight is my preferred type of both entertainment AND art. The author might be dead, but I still need a person in front of me offering to connect. Csihar does just that.
Of course, the theatrical aspect is also impressive as hell: As the embodiment of harlequinish madness, harshly lit from a single floor light, the Hungarian vocalist is the centre of attention. The band does a fantastic job playing their instruments, but with them either partying in their corner or walking up and down the stage, Csihar pretty much carries the entire show. With a quick costume change, the Pope becomes a general to invoke soldiers from the underworld, then a warlock hypnotising us with a swinging rope or his air guitar skills. His constant companion a skull to offer as a sacrifice or as a trophy, to sing to or even to snog. The background imagery to all of this is nightmarish and beautiful, with visuals of bones and cathedrals, forests and graves, fire and closed doors, crosses and skies, smoke and ravens, razors and Lucifer sigil.
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Mayhem – Le 9ᵉ cercle de l’inconscient
Ce soir, l’affiche de la tournée fonctionne à merveille, pas seulement en termes de styles et de notoriété, mais aussi sur le plan dramaturgique. À chaque groupe, nous avons plongé un peu plus profondément dans les ténèbres, épluchant les couches de notre esprit jusqu’à n’en laisser presque rien (à cause de la musique… ou de la pinte n°5, chacun jugera). Et maintenant, nous voilà là où règne Mayhem.
Ils surgissent avec le puissant « Realm of Endless Misery », tiré de leur nouveau necronomicon en huit titres, Liturgy of Death. Le groupe ne s’embarrasse d’aucun artifice vestimentaire, ils laissent cela au chanteur. Et quel spectacle : un pape sataniste vêtu de soie, tout droit sorti de la tombe, symboles occultes gravés dans les paumes, dents pourries aux lèvres. Un contraste total avec les jeans noirs et t-shirts sobres du reste du groupe.Permettez-moi une comparaison rapide : avec un groupe comme Ghost (qui a ses qualités) dans le paysage, et Mayhem sous mes yeux, j’ai l’impression de revenir aux racines, pas seulement du metal, mais, étrangement, d’une forme d’authenticité. Ici, costume et «masque » ne servent pas à dissimuler pour fabriquer un personnage (ce qui peut aussi avoir son intérêt). Ils semblent plutôt révéler ce qui bouillonne dessous. Sous le maquillage, on voit qu’Attila Csihar vit chaque mot. Chaque torsion de son visage, chaque mouvement serpentin de la langue, chaque geste minuscule donne chair à son incarnation. Ses pensées, aussi étrangères soient-elles, percent à travers des yeux réduits à de fines fentes.C’est peut-être là, dans ces fentes, que se niche la différence entre divertissement et art. Oui, c’est un show, mais cette performance paraît épurée, dense, presque intime depuis les premiers rangs, et donc sincère. « True »… ou « trve », pour ceux qui y tiennent. Le terme me fait lever les yeux au ciel, et le débat mérite d’être creusé, mais ce dont je suis témoin ce soir correspond parfaitement à ma définition personnelle du divertissement ET de l’art. L’auteur est peut-être mort, mais j’ai besoin d’un être humain face à moi qui cherche le lien. Csihar l’établit sans détour.
Bien sûr, l’aspect théâtral est tout simplement saisissant. Incarnation d’une folie de carnaval, violemment éclairé par une unique lumière au sol, le chanteur hongrois capte tous les regards. Les musiciens assurent brillamment leurs parties, mais entre leurs déplacements et leurs moments plus en retrait, c’est Csihar qui porte le spectacle à bout de bras. En un clin d’œil, changement de costume : le pape devient général, invoquant des armées venues des profondeurs ; puis sorcier, nous hypnotisant avec une corde qu’il fait tournoyer ou avec une guitare imaginaire. À ses côtés, toujours, un crâne, objet sacrificiel, trophée, confident auquel il chante… voire qu’il embrasse.En toile de fond, des images à la fois cauchemardesques et sublimes : ossements et cathédrales, forêts et tombes, flammes et portes closes, croix et ciels obscurs, fumée et corbeaux, lames de rasoir et sceau de Lucifer. Un décor qui parachève cette descente dans le neuvième cercle.

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The sound is enormous! Instruments coalesce into one big storm of white noise and pitchblack chords. Crawling through it all we hear Csihar’s vocals, masterful in every sense of the word, ranging from enticing to berserk, from spitting to operatic. If this was a march to perdition, to revolution, or to both, we’d all be in, driven by Hellhammer’s blast beats through every soundscape the band creates. Sometimes your ear has to actively dig out the guitars, but you gotta like, or at least accept, a bit of dirt with this type of music.
Mayhem are honouring their past and fans alike by incorporating a big chunk from De Mysteriis Dom Sathanas into their setlist, with more than just a nod to their deceased member Dead, sampling his voice into “Freezing Moon”. The macabre and the dignified are often twins in this band, but the fans know and loudly admire that, adding fists and claws in the air for emphasis. When applause and cheers fade, somebody calls “Libératioooooon!” as if the weight of life just got lifted off his shoulders. Now, we all know that concerts and catharsis can be synonyms but I’d say that when it comes to the harsher genres, they always are.
The encore is not only music-wise dedicated to the Deathcrush era. Visualised with those infamous yet iconic photos (a certain album cover excluded) even people absolutely indifferent to Black Metal will recognise, the screen takes us on a stroll through the early band history, sonically carried by the march rhythm of “Silvester Anfang” and cheers from the crowd, who is SO ready! The last 15 minutes’ frenzy of crude riffs with refined updates is only interrupted by groups of fans knowing how to yell “Norge!” with proper pronunciation and culminates in the only thing that’s been missing so far: the moshpit rages as it should and people have nothing left to wish for! In short: “Pure Fucking Armageddon”!
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Le son est colossal ! Les instruments fusionnent en une immense tempête de bruit blanc et d’accords noir d’encre. Et là-dedans rampe la voix de Csihar, magistrale à tous points de vue : tour à tour envoûtante ou démente, crachée ou presque lyrique. Si c’était une marche vers la perdition, vers la révolution, ou les deux, on suivrait tous sans hésiter, propulsés par les blast beats d’Hellhammer à travers chaque paysage sonore que le groupe érige. Par moments, l’oreille doit aller dénicher les guitares sous la masse, mais avec ce genre de musique, il faut aimer, ou au moins accepter, une bonne dose de crasse.
Mayhem rend hommage à son passé et à ses fans en intégrant une large part de De Mysteriis Dom Sathanas à la setlist, avec bien plus qu’un simple clin d’œil à leur membre disparu Dead : sa voix est samplée dans « Freezing Moon ». Chez eux, le macabre et le solennel vont souvent de pair, et le public le sait bien, poings et griffes levés pour le saluer. Quand les applaudissements retombent, quelqu’un hurle « Libératioooooon ! » comme si le poids du monde venait de quitter ses épaules. On dit souvent que concert et catharsis sont synonymes ; dans les genres les plus extrêmes, j’ai l’impression que c’est toujours le cas.
Le rappel est dédié, musicalement aussi, à l’ère Deathcrush. À l’écran défilent ces photos aussi infâmes qu’iconiques (une certaine pochette mise à part) que même les plus indifférents au black metal reconnaîtraient. Portée par la marche martiale de « Silvester Anfang » et par les clameurs d’une foule PLUS que prête, la salle replonge dans les premières heures du groupe. Les quinze dernières minutes, frénétiques, enchaînent des riffs bruts subtilement modernisés. Elles ne sont interrompues que par des grappes de fans scandant « Norge ! » avec une prononciation impeccable, et culminent enfin dans ce qui manquait encore : un moshpit digne de ce nom. Cette fois, tout y est. Personne n’a plus rien à demander. En bref : « Pure Fucking Armageddon » !
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Under applause echoing not only the respect for this band and what they mean to metal, but also what this night meant to many, the band ends tonight’s ritual, their status not reclaimed because it has always been untouched.
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Sous des applaudissements qui résonnent autant comme une marque de respect pour le groupe et pour ce qu’il représente dans le metal que pour ce que cette soirée a signifié pour beaucoup, le groupe met un terme au rituel de ce soir, un statut non pas reconquis, mais simplement intact, car il n’a jamais été entamé.
Photos et Article by Eva
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